L’optimisation énergétique : quels enjeux et solutions ?

optimisation énergétique dans l'industrie et le tertiaire

À l’heure où la question de la consommation d’énergie est devenue centrale pour les entreprises et les collectivités, quels sont les enjeux de l’optimisation énergétique ? Comment assurer le suivi des performances énergétiques d’un bâtiment ? Comment optimiser les consommations ? La rédaction de DeltaConso Expert fait le point.

Pourquoi l’optimisation énergétique est-elle nécessaire, voire impérative ?

Par définition, l’optimisation énergétique se rapporte à la façon dont on utilise (et surtout dont on économise) l’énergie dans un bâtiment. Dans le cas d’une société, elle implique de minimiser les consommations, à la fois pour les comptes de l’entreprise, mais aussi dans une logique environnementale. Le tout, bien sûr, sans pénaliser la production ou la qualité des services.

On peut résumer la démarche à consommer moins et mieux l’énergie : faire la chasse au moindre gaspillage, et favoriser les sources plus propres et renouvelables.

Avec le contexte actuel, les enjeux énergétiques sont doubles. Les entreprises sont fortement encouragées, voire obligées, d’optimiser leur consommation d’énergie. Entre la hausse des prix (aggravée par le conflit russe), les obligations réglementaires ou les politiques environnementales (comme le décret tertiaire, la RE2020 pour le parc neuf, la certification ISO 50001) et l’absence de bouclier tarifaire pour les entreprises, l’optimisation énergétique devient incontournable.

Les chiffres clés sur la consommation énergétique

Pour comprendre la nécessité et les enjeux de l’optimisation énergétique, il convient de s’intéresser à la consommation énergétique du secteur industriel et du secteur tertiaire. Voici donc quelques chiffres pour faire un état des lieux (source : Chiffres clés de l’énergie – Édition 2021).

  • En 1990, le résidentiel-tertiaire représentait 43 % de la consommation finale énergétique française, contre 49 % en 2020. De son côté, l’industrie est passée de 24 % à 19 % sur cette même période.
  • En 2020, la consommation finale énergétique de l’industrie française (corrigée des variations climatiques) s’établit à 302 TWh. Alors qu’elle était en baisse (de 0,9 % par an, en moyenne) entre 2011 et 2019, elle a connu une chute de 6,5 % en 2020, due à la crise sanitaire et économique, pour atteindre son plus bas niveau depuis des décennies.
  • La tendance est plus stable pour le tertiaire : après avoir augmenté au début du siècle, les consommations restent bloquées à environ 270 TWh depuis 2010. Nul doute que la courbe va descendre avec les mesures du décret Éco Énergie Tertiaire.
  • La dépense associée à la consommation énergétique du secteur industriel s’élevait à 14 Md€ en 2019. L’électricité représentait 58 % de ces dépenses, devant le gaz (24 %) et les produits pétroliers (12 %).
  • En 2019, le secteur industriel représentait 42 % des achats de chaleur, le résidentiel 35 % et le tertiaire 22 %. D’ailleurs, toujours en 2019, la dépense de consommation totale de chaleur commercialisée (non corrigée des variations climatiques) s’élève à 2,5 Md€. Les secteurs résidentiel et tertiaire portent près de 80 % de cette dépense. Le secteur industriel bénéficie, quant à lui, de prix plus bas.
  • En 2019, le tertiaire représente 32 % de la consommation totale d’électricité et l’industrie 27 %.

Des activités encore très carbonées et dépendantes aux énergies fossiles

graphique des évolutions des émissions de gaz à effet de serre en France entre 1990 et 2019

  • Toujours en 2020, le bouquet énergétique de l’industrie est le suivant. Le gaz naturel est l’énergie la plus consommée (40 %), devant l’électricité (35 %). Les produits pétroliers représentent quant à eux 9 % de la consommation d’énergie du secteur (contre 22 % en 1990), viennent ensuite les énergies renouvelables (7 %), la chaleur commercialisée (6 %) et le charbon (3 % contre 11 % en 1990).
  • L’industrie représente 28 % de la consommation totale de gaz naturel (494 TWh PSC) en 2020, et le tertiaire 17 %.
  • Depuis 1990, on note tout de même une forte baisse des émissions de gaz à effet de serre dans l’industrie : – 46 % en 20 ans pour l’industrie manufacturière, et – 41 % pour l’industrie de l’énergie ! Au total, le secteur est passé de 220 millions de tonnes d’équivalent CO2 à 120 en 2019 (source : notre-environnement.gouv.fr).
  • Le secteur tertiaire est plus en difficulté quant aux émissions de CO2 : + 8 % entre 1990 et 2017 selon le rapport Secten 2018. Toutefois, la tendance est à la baisse depuis 2010, malgré l’augmentation des surfaces chauffées.

On observe donc certains signaux encourageants, avec une diminution régulière des consommations dans l’industrie. Dans le secteur tertiaire, on devrait bientôt entrevoir les progrès engendrés par l’obligation du décret tertiaire. Cependant, le recours aux combustibles fossiles demeure important voire majoritaire (gaz, pétrole…) tandis que les énergies renouvelables ont du mal à décoller.

À l’heure où la dépendance énergétique et les méfaits des émissions de gaz à effet de serre sont des problématiques majeures, il convient d’assurer l’optimisation énergétique des bâtiments, et notamment celle des entreprises.

Optimisation énergétique : comment optimiser les consommations d’énergie des bâtiments ?

Pour permettre une réduction et une optimisation des consommations énergétiques, il est nécessaire de faire disparaître toutes les sources de gaspillage d’énergie. Alors, comment faire ?

Optimisation énergétique : assurer le suivi des performances des équipements

Avant d’engager toute action d’optimisation, il faut réaliser un examen approfondi du système énergétique de l’entreprise ou de la collectivité. Cet audit est impératif lorsque l’on souhaite identifier le potentiel d’économies d’énergie réalisables.

Pour cela, il est nécessaire de récolter les données énergétiques des bâtis. Les indicateurs de performance énergétique varient en fonction du type de bâtiment, des besoins de l’organisation et de la nature de son activité. Il est intéressant d’évaluer les données de consommation par :

  • Source (gaz, électricité, carburant…) ;
  • Équipement ou outil de production ;
  • Usage (chauffage, refroidissement, éclairage, ventilation, air comprimé, fluides thermiques…).

D’abord, cette analyse permet de détecter les problèmes et les points faibles des installations, qu’il faudra optimiser dans un deuxième temps. Ensuite, l’instauration d’un suivi continu aidera à évaluer l’impact des actions et des travaux menés.

Pour assurer un suivi performant des données clés de l’entreprise, il s’avère utile de mettre en place un logiciel de gestion énergétique, comme DeltaConso Expert. L’automatisation de la relève à distance des compteurs énergétiques et des points de comptage représente un gain d’énergie (et de temps) important. Ce type de monitoring permet des économies allant jusqu’à 10 %. Pour aller plus loin dans l’optimisation, le logiciel de suivi énergétique intègre une fonctionnalité de comparaison des performances énergétiques par rapport à d’autres installations similaires.

Mise en place des actions d’optimisation

Une fois les données initiales récoltées et les besoins réels établis, il convient d’envisager les différents types d’actions d’optimisation. Là encore, les projets dépendent de l’entreprise et de son activité. Cela peut notamment passer par les opérations suivantes.

  • Une rénovation du bâtiment et une amélioration des process et équipements sur les postes les plus énergivores (travaux d’isolation, installation d’appareils plus performants et mieux dimensionnés aux besoins de l’activité, mise en place de déstratificateurs, révision de l’éclairage et priorisation de l’éclairage naturel, récupération de la chaleur sur les groupes froids…).
  • Une meilleure exploitation des systèmes (programmation du chauffage et de la climatisation, mise en place d’un système de gestion technique du bâtiment — GTB, installation de lumière avec détection de présence…).
  • Une campagne de sensibilisation auprès des équipes (informer de la démarche d’optimisation énergétique, rappeler les écogestes, encourager à éteindre les lumières, ne pas trop chauffer les locaux…).

Exploitation des données relatives aux opérations d’optimisation énergétique

Après la mise en place des actions d’optimisation, il convient d’assurer un suivi des données de performances et d’analyser les résultats des opérations menées. Là encore, le logiciel de gestion énergétique simplifie cette étape en recueillant toutes les données de consommations d’énergie, sur une période souhaitée. Ainsi, il est plus simple de tirer des conclusions et voir sur quel poste, quelle énergie, quel usage, des optimisations sont encore réalisables. En outre, la détection automatique d’irrégularités contribue à adopter des mesures correctives plus rapidement.

Le logiciel DeltaConso Énergie offre une visibilité globale du patrimoine énergétique de l’entreprise. La solution intègre des analyses détaillées (émissions de CO2, coûts, énergie finale/primaire…) à toute échelle (secteur, bâtiment, énergie, usage) et tout cela sur un seul et unique outil. Simple à utiliser, notamment via une application smartphone, DeltaConso Expert répond à tous les besoins des différents secteurs (industrie, tertiaire privé, collectivités et résidentiel collectif).

Il inclut également des préconisations d’optimisation et des tableaux de bord, entièrement personnalisables, en fonction des besoins des entreprises. DeltaConso Expert permet ainsi un gain de temps considérable, une meilleure maîtrise des consommations énergétiques ainsi qu’un accompagnement vers le respect des obligations réglementaires et des politiques environnementales.

Pour aller plus loin : le contrat de performance énergétique

L’absence de garantie de résultats représente un frein important pour l’investissement des entreprises et établissements publics. C’est là qu’intervient le Contrat de Performance Énergétique (CPE). Ce dernier engage l’opérateur des travaux à un objectif précis d’économies d’énergie.

La non-atteinte des consommations fixées, au bout de la période convenue, entraîne des pénalités pour l’entreprise. À noter que dans le cadre d’un projet financé par les Certificats d’économies d’énergie (CEE), la mise en place d’un CPE peut bonifier la prime reçue par le maître d’ouvrage, sous conditions.

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